Qui a raison ? Cette question ne se pose jamais car chacun croit avoir raison dans la pire configuration du conflit. Quand l'un souhaite clarifier une situation floue et par conséquent douloureuse et que l'autre refuse le dialogue alors il est aisé de supposer que l'un impose sa vérité à l'autre. Peu importe ce que cette attitude peut provoquer comme état de stress psychique pour celui ayant aucun élément lui permettant la compréhension du conflit. L'un domine l'autre de par le refus imposé. Ce processus se produit aussi lors d'un face à face si les deux personnes ne s'ouvrent pas à la vérité différente de la sienne. Si l'un rend sa vision plus puissante alors elle passe par la force plutôt que la douceur de la clarification et de l'empathie. Nous sommes dans le cas des situations qui conduisent aux pires situations car elles portent la haine avec les actes qui la composent ( l'irrespect de l'un envers l'autre, l'ignorance de l'impact produit sur l'autre). Je vous renvoie aux enseignements d'Arnaud Desjardins et certains de ses articles, sur ce site, à propos du mental qui transforme les situations de la vie courante en problème ou l'article d'une psychologue sur l'impact destructeur du mutisme : la maîtrise des pensées ; la voie de la réconciliation ; le mutisme).
Sans en arriver aux extrêmes où il n'existe plus aucune communication entre 2 personnes, voici un petit rappel des principales composantes utiles de considérer lors d'un conflit :
- Tout d'abord il ne faut jamais perdre de vue que l'autre est différent. Différent ne signifie pas qu'il est impossible de trouver un terrain d'entente au contraire. Juste considérer que ses sensibilités, ses interprétations et son mode de ré-action est différent du nôtre. Idéalement il est souhaitable de s'acheminer vers des actions plutôt que des réactions puisque ces dernières sont le résultat d'une distorsion de la réalité dépendantes de nos affects, de notre inconscient.
- Prendre en compte le fait que les tendances sociales actuelles, de notre et des sociétés occidentales ou occidentalisées se sont coupées, au cours des deux derniers siècles, de la sacralisation des rapports humains et des rapports à la nature. Au 12eme siècle par exemple le sacré était toujours rappelé, on le constate dans les châteaux, souvent des paroles ou des symboles sont rendus visibles à propos des valeurs morales et divines d'un Homme envers un autre Homme. Dans les siècles qui suivent le sacré se dilue progressivement avec les comportements impropres à la dignité et aux mystères de l'inconnu. Au final, nous sommes dans une société en recherche de bonheur et de liberté coûte que coûte, mais qui n'a jamais été aussi pauvre de ce qui permet à l'Homme de s'épanouir. Chacun fait des comparaisons de réussite en fonction d'un modèle qui n'est pas une réussite sur le plan intérieur. C'est comme si nous étions des cuisiniers désirant faire une recette, mais qui ne trouvent plus aucun des ingrédients nécessaires pour la réaliser. Pire les tendances sont à la destruction du peu d’ingrédients que la vie nous octroie car nous désirons inconsciemment ne jamais réussir la recette car le risque de se brûler, de mettre trop de certains ingrédients est devenu la raison de renoncer à la réalisation finale de la recette. On recherche le bonheur sans accepter son corolaire.
- Il y a une détérioration des liens entre les individus. La profondeur d'une relation s'est très largement perdue. On constate qu'en un revers de main on peut éjecter de sa vie celui que l'on disait chérir 1 jour auparavant. Aimer l'autre n'est donc qu'en fonction des circonstances et non de notre coeur car la société occidentale d'aujourd'hui ne sait plus ce qu'aimer signifie. Si l'autre nous déçoit, donc s'il est source de souffrance, alors cet autre n'a plus place dans notre définition de l'amour limité (dualiste). Je vous renvoie au texte sur l'amour (Aimons nous vraiment).
- La communication lorsqu'elle s'instaure contient de façon plus ou moins voilée un échange d'attentes, de désirs, de projections et de règlements de compte. Être le plus conscient possible de nos composantes permet de comprendre celles de l'autre. Cela permet la vigilance. On ne peut comprendre chez l'autre que ce que l'on a compris, par l'expérience consciente, chez soi.
- Enfin, même si on ne vous parle plus, ayez de la compassion pour cet autre qui finalement est une partie de nous en colère qui prend la fuite en raison d'une domination de la peur. Aimer cette personne malgré son attitude c'est accepter ce qui est. Cela peut prendre des mois, des années, soyez certain que c'est la voie juste.
Christelle Giacomoni
✿ Toute ma gratitude à Arnaud Desjardins pour sa Sagesse et la clarification constante que ses enseignements m'ont apportés.
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