Ce site aborde l'être-humain par ses multiples dimensions c'est-à-dire de façon holistique. Le but est de vous apporter des informations sur différentes façons d'apporter du bien-être et d'aborder la maladie ou le corps-humain.
Voici un texte de Khalil Gibran qui, par les temps qui courent, nous invite à revisiter nos perceptions sur l'amour.
L'été étant une saison où nos coeurs sont plus légers, il va sans dire que ce texte est un mets délicat qui pris à l'ombre d'un arbre laisse sur nos lèvres un délicat parfum de vérité absolue.
Nul doute, l’Amour est un état d'être particulier qui, pour qu'il ne succombe pas aux illusions éphémères, demande à être conjugué à l'inconditionnel. Il est enfant du présent, à chaque instant il montre sa capacité d’adaptation. Il acquiert sa stabilité uniquement dans la profondeur sinon il est soumis aux vagues des circonstances de la vie qui le fond vaciller entre la peur, les doutes et les conditions arbitraires. Il peut prendre des apparences multiples et il ne peut pas toujours s'exprimer verbalement car les mots n'ont point la pleine vastitude pour en décrire l'essence.
Je vous souhaite bonne lecture, puissiez-vous être inspiré par ces lignes.
©Christelle Giacomoni 1997-2011 (vous pouvez me contacter ici -clic)
Quand l'amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses chemins soient raides et ardus.
Et quand il vous enveloppe de ses ailes, cédez-lui,
Même si l'épée cachée dans ses pennes vous blesse,
Et quand il vous parle, croyez en lui,
Même si sa voix brise vos rêves comme le vent du nord dévastant un jardin.
Car si l'amour vous couronne, il vous crucifie aussi. Et s'il est pour votre croissance, il est aussi pour votre
élagage.
De même qu'il s'élève à votre hauteur pour caresser vos plus tendres branches frémissant dans le soleil,
Il descend jusqu'à vos racines et les secoue de leur adhérence à la terre.
Telles des gerbes de blé, il vous ramasse et vous serre contre lui.
Il vous vanne pour vous dénuder.
Il vous tamise pour vous libérer de votre enveloppe.
Il vous pile jusqu'à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu'à vous rendre malléables;
Puis il vous assigne à son feu sacré afin que vous deveniez pain sacré au festin sacré de Dieu.
Tout cela, l'amour vous le fait subir afin que vous connaissiez les secrets de votre coeur et, au travers de cette connaissance,
deveniez fragment du coeur de la Vie.
Mais si, pusillanimes, vous ne recherchiez que la paix de l'amour et sa volupté,
Mieux vaudrait pour vous couvrir votre nudité et sortir de l'aire de l'amour,
Pour pénétrer dans le monde sans saisons en lequel vous rirez, mais pas de tout votre rire, et pleurerez, mais pas de toutes vos
larmes.
L'amour ne donne que de lui même et ne prend que de lui-même.
L'amour ne possède pas et ne saurait être possédé.
Car l'amour suffit à l'amour.
Lorsque vous aimez, vous ne devriez pas dire : "Dieu est dans mon coeur", mais plutôt : "Je suis dans le coeur de Dieu."
Et ne croyez pas qu'il vous appartienne de diriger le cours de l'amour, car c'est l'amour, s'il vous en juge dignes, qui
dirigera le vôtre.
L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et ne pouvez échapper aux désirs, qu'ils soient ceux-ci:
Vous dissoudre et être comme l'eau vive d'un ruisseau chantant sa melopée à la nuit,
Connaître la douleur d'une tendresse excessive,
Recevoir la blessure de votre conception de l'amour,
Perdre votre sang volontiers et avec joie,
Vous réveiller aux aurores, le coeur ailé, et rendre grâces pour une nouvelle journée
d'amour,
Vous reposer à l'heure du méridien et méditer l'extase de l'amour,
Revenir à votre foyer le soir, avec gratitude,
Puis vous endormir avec au coeur une prière pour l'être aimé et sur vos lèvres un chant de louange.
KHALIL GIBRAN extrait de : Le Prophète et son temps