Jeanne d'Arc incarne le courage et des valeurs qui, pour l'Homme d'aujourd'hui, lui sont très étrangères, mêmes s'il y a depuis quelques décennies un engouement envers des figures historiques emblématiques ou devenues emblématiques après des siècles d'oubli. C'est ce qui aujourd'hui nous fait défaut qui est revisité intellectuellement dans des époques passées. L'époque actuelle s'étant appauvries de son sens du sacré, et donc de sa stabilité, on utilise le passé pour y trouver du sens ainsi que dans tout ce qui peut distinguer de l'uniformité.
Aujourd'hui la fragilité des liens relationnels témoigne d'une absence marquée de profondeur. L'humain est devenu consommable au même titre qu'un objet. Il est utilisé puis jugé inadéquat car non satisfaisant à l'usage supposé offrir et on le jette. La différence c'est qu'un humain peut être déchiré par le rejet, l'abandon et l'irrespect.
Il y a aussi une grande perte de sensibilité et de compassion au profit d'une augmentation de la sensiblerie. Cela se retrouve dans tous les domaines qui touchent à l'exaltation de la vie humaine. On retrouve ce déclin dans les univers des sciences qui perdent beaucoup de leur capacité à l'objectivation au profit d'un scientisme. Cet oubli des vocations de la science fait émerger une double croyance avec des contours flous. D'un côté le doute sur sa capacité se propage et de l'autre c'est le règne de sa toute-puissance qui explique tout avec la négation et/ou la condamnation de ce qu'elle ne peut appréhender. Ce dualisme toute-puissance/impuissance alimente le scientisme et la perte de l'intérêt collectif de ce qu'elle peut apporter de tangible. toute puissance de ce qu"elle explique. Ce processus dessert sa vocation pour l'intérêt collectif. qui participe à la destruction de l'interêt collectif de l'apport de la science qui ne se substitue pas à sa vocation.
Cet honneur fait, inconsciemment, à la superficialité se retrouve dans des domaines qui dans le passé étaient encore des lieux de bénéfice pour se découvrir intérieurement et se stabiliser - le travail et le couple.
Dans une société où prévaut l'individualisme le courage se vit par procuration et non par l'expérience directe de l'accomplissement d'un acte. Sur la voie du sacré, le courage consiste aussi à voir en soi et à se dire que le moi est un artifice, un filtre entre l'être et la réalité. Cela consiste à voir notre infantilisme, nos mensonges, nos fuites, notre côté injuste et cruel. Atteindre la libération de nos conditionnements est un travail de vigilance de chaque instant. Voir là où on ne voit pas est un but pour ne plus être une cause de souffrance envers soi et envers les autres. Le Chemin est long. L'importance n'est pas la durée d'un voyage, l'important c'est le voyage pour se retrouver au-dessous de ce qui cache notre identité réelle plutôt que de demeurer à la surface des illusions que nous croyons vraies.
Au Moyen Âge par exemple, l'Homme de n'importe quelle condition savait par la transmission des rites et des imbrications entre le profane et le sacré que sa place était un élément interdépendant de tous les autres éléments. Que ce soit son travail où sa famille chacun était un maillon sacré.
Le Manifest et le non manifest, au-delà de la perception visible et interprétative, fond parti de la vie de l'Homme de cette époque. Il comprend par sa mise en pratique au cours de son quotidien que le Sacré et le Profane sont immuables même si les phénomènes sont changeants. Le Sacré est alors vécu au travers de son caractère stable. Une relation sacrée n'est donc pas destructible, ses racines se plongent aux sources de l'âme. C'est ce que manifeste l'art, un dialogue silencieux avec la profondeur.
La sexualité, aujourd'hui en plein délabrement, est une manifestation de l'Union ultime de 2 essences singulières qui fusionnent vers l'Unité. À notre époque, la banalisation de la relation intime, détériore le domaine sacré de la sexualité. Il est même impossible d'avoir un acte sexuel après une relation de couple que l'on considérait comme Sacré. Que ce soit suite à un décès ou une séparation la sexualité ne peut plus être possible pour quelqu'un d'engagé.
On banalise beaucoup la liberté comme étant juste la conséquence de nos choix, ceci est une grande illusion qui maintient paradoxalement dans une prison.
C.G.